Documents pour «Enfance»

Nahid

Ida Panahandeh

1h41min27

Nahid, jeune divorcée, vit seule avec son fils de 10 ans dans une petite ville au bord de la mer Caspienne. Selon la tradition iranienne, la garde de l’enfant revient au père mais ce dernier a accepté de la céder à son ex femme à condition qu'elle ne se remarie pas. La rencontre de Nahid avec un nouvel homme qui l'aime passionnément et veut l’épouser va bouleverser sa vie de femme et de mère.

Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc

De Bruno Dumont

1h47min27

Domrémy, 1425. Jeannette n’est pas encore Jeanne d’Arc, mais à 8 ans, elle veut déjà bouter les anglais hors du royaume de France. Inspirée du Mystère de la charité de Jeanne d’Arc (1910) et de Jeanne d’Arc (1897) de Charles Péguy, la Jeannette de Bruno Dumont revisite les jeunes années d’une future sainte sous forme d’un film musical à la BO électro-pop-rock signée Gautier Serre, alias Igorrr et aux chorégraphies signées Philippe Decouflé.

Midnight Globe

De Jonathan Musset

1h11min25

Nattie est de retour en France dans un centre spécialisé où l'on enseigne le jeu du Wiphala à des enfants qui ont des problèmes de communication, pour les inciter à s'ouvrir aux autres. Mais, quand le Globe de Nattie tourne, le jeu peut s'avérer dangereux. Un meurtre non élucidé. Un couple mystérieux. Du Wiphala naîtra la vérité.

Le Havre

De Aki Kaurismaki

1h33min35

Marcel Marx, ex-écrivain et bohème renommé, s’est exilé volontairement dans la ville portuaire du Havre, où son métier honorable mais non rémunérateur de cireur de chaussures lui donne le sentiment d’être plus proche du peuple en le servant. Il a fait le deuil de son ambition littéraire et mène une vie satisfaisante dans le triangle constitué par le bistrot du coin, son travail et sa femme Arletty, quand le destin met brusquement sur son chemin un enfant immigré originaire d’Afrique noire.  Quand au même moment, Arletty tombe gravement malade et doit s’aliter, Marcel doit à nouveau combattre le mur froid de l’indifférence humaine avec pour seules armes, son optimisme inné et la solidarité têtue des habitants de son quartier. Il affronte la mécanique aveugle d’un Etat de droit occidental, représenté par l’étau de la police qui se resserre de plus en plus sur le jeune garçon réfugié. 
Il est temps pour Marcel de cirer ses chaussures et de montrer les dents.

Mary et Max Mary and Max

De Adam Elliot

1h28min52

Sur plus de vingt ans et d'un continent à l'autre, Mary et Max raconte l'histoire d'une relation épistolaire entre deux personnes très différentes : Mary Dinkle, une fillette de 8 ans joufflue et solitaire, vivant dans la banlieue de Melbourne, en Australie, et Max Horowitz, un juif obèse de 44 ans, atteint du syndrome d'Asperger et habitant dans la jungle urbaine de New York.

Le pull-over rouge

De Michel Drach

2h00min21

A Marseille en 1974, une fillette de 8 ans est enlevée par un inconnu. Très rapidement son corps est retrouvé et un jeune homme de 20 ans, Christian Ranucci, est arrêté. Après un interrogatoire musclé, le suspect passe aux aveux, avant de se rétracter. Bien que son dossier comporte de nombreuses zones d'ombres, il est reconnu coupable lors du procès...

Lulu mets pas ton nez dans ta bouche

Cécile Van Hille

Lulu, mets pas ton nez dans ta bouche ! Il n’y peut rien, il est né comme ça. Et ce n’est guère facile dans un monde qui n’apprécie pas la différence.

Le petit prince a dit

Christine Pascal

1h44min50

Violette, une fillette débordant de vitalité et élevée par sa grand-mère, voit ses parents divorcés, Adam et Mélanie, un week-end sur deux. Se plaignant de douleurs à la tête, elle passe des examens médicaux. Son père médecin apprend alors que sa fille a une tumeur cérébrale et qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Il l'enlève et part avec elle sur les routes, découvrant à ses côtés des valeurs oubliées.

La culture enfantine en URSS, 1917-1941 : objets, lieux et pratiques - Transferts culturels, transferts visuels

Valérie Pozner

2h48min23

Au début du xxe siècle, l’enfant devient un
important sujet d’étude scientifique et la question de son
éducation devient centrale pour les organismes publics aussi bien en
Europe qu’aux États-Unis. La Russie ne fait pas exception à
ce mouvement. Et dès leur arrivée au pouvoir, les Bolcheviks se
donnent pour mission de prendre en charge une population enfantine toujours
plus large et diversifiée : des enfants délinquants et
abandonnés qui constituent l’un des grands problèmes de
l’État-providence dans les années 1920 aux enfants de
paysans à éduquer dans les campagnes difficilement accessibles et
qui arrivent en masse dans les zones urbaines à la suite de la
collectivisation, en passant par les enfants non-Russes vivant dans en
Russie et dans les Républiques. Les Bolcheviks ambitionnent de
créer une culture spécifiquement soviétique à
destination des enfants. Cette volonté s’exprime notamment dans
l’abondant discours qui se développe autour de la
littérature enfantine. Mais, outre la culture littéraire et
textuelle, sont aussi concernées les cultures musicale,
matérielle (avec les jouets notamment), visuelle (illustration,
affiches, imagerie murale fixe et mobile) et spectaculaire (cinéma,
théâtre d’ombres et de marionnettes).
Notre projet entend se concentrer sur l’étude de ces objets
culturels et les analyser dans leurs conditions de création, de
diffusion, de réception et d’appropriation. Il s’agit de
comprendre ces objets créés par les adultes pour les enfants,
dans leurs dimensions pratiques et réflexives. Plus largement, nous
considérons l’enfant comme un lecteur, spectateur, auditeur et
aussi comme un acteur qui non seulement s’approprie les objets mis
à sa portée mais crée aussi ses propres objets. Nous
souhaitons ainsi analyser la façon dont les enfants
s’approprient les biens culturels mis à leur disposition, les
créations des enfants eux-mêmes et la façon dont les
adultes, à leur tour, considèrent ces appropriations et ces
créations.

Nous définirons et confronterons ainsi les projets (politique,
éducatif et artistique), les formes des objets, leurs modes de
médiation, les méthodes et les pratiques pédagogiques.



Nous serons amenés à préciser les spécificités
d’une culture enfantine soviétique, ainsi que les
représentations, implicites ou théorisées, de l’enfant
que se forge une société en termes d’âges, de
catégories sociales, de genre, d’origines ethniques. Enfin, nous
interrogerons les fonctions de ces objets et les manières dont ils
accomplissent leur travail idéologique et façonnent leur
destinataire sur les plans cognitif et éducatif.

La réflexion collective se développera autour de plusieurs
questions, parmi lesquelles : Comment interviennent différents
acteurs et différentes professions dans l’élaboration de
ces objets ? Quels sont les principaux débats autour de leur
conception et comment ces réflexions s’articulent-elles avec la
création de ces objets ? Quelle est la part des transferts
culturels dans la forme même de ces objets ? Dans quels lieux et
quels contextes ces objets sont-ils diffusés (école,
bibliothèque, organisations parascolaires, cadre familial,
etc.) ? Comment sont-ils utilisés et par qui ? Que nous
apprennent les formes de ces objets sur leurs auteurs et leurs
destinataires ?
L’étude des objets culturels se situant à la croisée
de l’histoire politique, sociale, culturelle, de l’histoire des
arts, des sciences et de l’éducation mais aussi de
l’anthropologie, ce projet a vocation à réunir des
spécialistes de différentes disciplines dans l’optique
d’un travail à la fois pluridisciplinaire et interdisciplinaire.
Nous porterons une attention particulière à l’histoire
transnationale et aux circulations des personnes, objets et concepts, afin
de comprendre la situation russe et soviétique dans ses connexions
avec d’autres formes de régime et d’autres mouvements
historiques comme par exemple l’avènement des sociétés
de loisirs et de consommation. Enfin, ce projet vise à interroger de
façon nuancée les ruptures et continuités traditionnellement
élaborées par l’historiographie entre le passé
impérial et le régime soviétique d’une part et,
d’autre part, entre les années 1920 et le début de la
période stalinienne, comme en témoigne le choix de ses bornes
chronologiques.









At the beginning of the XXth century, the child became an important subject for scientific study and the question of his/her education became central for public organizations in both Europe and the United States. Russia was no exception to this movement. After they came to power, the Bolsheviks set out to take charge of an ever larger and diverse child population including delinquent and abandoned children, as well as non-Russian children living in Russia and the Republics, and children of peasants. The Bolsheviks aimed to create a specific Soviet culture for children. This ambition was expressed in the discourse on children's literature. In addition to literary and textual culture, this project also pertained to musical, visual and material (e.g. toys) cultures, which are now less well-known fields.



Our project aims to focus on the study of these cultural objects and to analyze them in their conditions of creation, diffusion, reception and appropriation. We want to understand these objects, created by adults for children, in their practical and reflexive aspects. More broadly, we consider the child as a reader, spectator, listener, but also as an actor that was both a user and a creator of these objects. In this way, we want to analyze how children engaged with the cultural products made available to them and the creations of the children themselves. In turn, we will analyze how adults viewed these objects and choices.



We will define and compare the political, educational and artistic projects, the forms of objects, their modes of mediation, pedagogical methods and practices.



We will thus identify the specificities of a Soviet child's culture, as well as the implicit or theorized representations of the child that a society shapes with regard to age, class, gender, ethnic origins. Finally, we will examine the functions of these objects and the ways in which they carry out their ideological work and shape their recipients on the cognitive and educational levels.



This collective project will tackle several questions: How did different actors and professions interact to create these objects? What were the main debates on their conception and how did these theoretical considerations fit with the creation of these objects? What was the place of cultural transfers in shaping these objects? In what places and contexts were these objects disseminated (school, library, youth organizations, family environment, etc.)? How were they used and by whom? What do the forms of these objects tell us about their authors and their recipients?



The study of cultural objects is at the crossroads of political, social, cultural, art, science and education histories but also of anthropology. This project seeks to bring together specialists from different disciplines and encourage a multidisciplinary and interdisciplinary approach. We will also pay particular attention to the trans-national history and the circulation of people, objects and concepts. This context brings insights to the Russian and Soviet situation in its connection with other regimes and historical changes, such as the advent of leisure and consumer societies. Finally, this project will examine, in a nuanced way, the ruptures and continuities traditionally elaborated by historiography between the Imperial past and the Soviet regime on the one hand, and the 1920s and the beginning of Stalinism on the other, as shown by the choice of its chronological boundaries.

La culture enfantine en URSS, 1917-1941 : objets, lieux et pratiques - De l'enfant-auteur à l'enfant-destinataire des images

Andy BYFORD

2h04min45

Au début du xxe siècle, l’enfant devient un
important sujet d’étude scientifique et la question de son
éducation devient centrale pour les organismes publics aussi bien en
Europe qu’aux États-Unis. La Russie ne fait pas exception à
ce mouvement. Et dès leur arrivée au pouvoir, les Bolcheviks se
donnent pour mission de prendre en charge une population enfantine toujours
plus large et diversifiée : des enfants délinquants et
abandonnés qui constituent l’un des grands problèmes de
l’État-providence dans les années 1920 aux enfants de
paysans à éduquer dans les campagnes difficilement accessibles et
qui arrivent en masse dans les zones urbaines à la suite de la
collectivisation, en passant par les enfants non-Russes vivant dans en
Russie et dans les Républiques. Les Bolcheviks ambitionnent de
créer une culture spécifiquement soviétique à
destination des enfants. Cette volonté s’exprime notamment dans
l’abondant discours qui se développe autour de la
littérature enfantine. Mais, outre la culture littéraire et
textuelle, sont aussi concernées les cultures musicale,
matérielle (avec les jouets notamment), visuelle (illustration,
affiches, imagerie murale fixe et mobile) et spectaculaire (cinéma,
théâtre d’ombres et de marionnettes).
Notre projet entend se concentrer sur l’étude de ces objets
culturels et les analyser dans leurs conditions de création, de
diffusion, de réception et d’appropriation. Il s’agit de
comprendre ces objets créés par les adultes pour les enfants,
dans leurs dimensions pratiques et réflexives. Plus largement, nous
considérons l’enfant comme un lecteur, spectateur, auditeur et
aussi comme un acteur qui non seulement s’approprie les objets mis
à sa portée mais crée aussi ses propres objets. Nous
souhaitons ainsi analyser la façon dont les enfants
s’approprient les biens culturels mis à leur disposition, les
créations des enfants eux-mêmes et la façon dont les
adultes, à leur tour, considèrent ces appropriations et ces
créations.

Nous définirons et confronterons ainsi les projets (politique,
éducatif et artistique), les formes des objets, leurs modes de
médiation, les méthodes et les pratiques pédagogiques.



Nous serons amenés à préciser les spécificités
d’une culture enfantine soviétique, ainsi que les
représentations, implicites ou théorisées, de l’enfant
que se forge une société en termes d’âges, de
catégories sociales, de genre, d’origines ethniques. Enfin, nous
interrogerons les fonctions de ces objets et les manières dont ils
accomplissent leur travail idéologique et façonnent leur
destinataire sur les plans cognitif et éducatif.

La réflexion collective se développera autour de plusieurs
questions, parmi lesquelles : Comment interviennent différents
acteurs et différentes professions dans l’élaboration de
ces objets ? Quels sont les principaux débats autour de leur
conception et comment ces réflexions s’articulent-elles avec la
création de ces objets ? Quelle est la part des transferts
culturels dans la forme même de ces objets ? Dans quels lieux et
quels contextes ces objets sont-ils diffusés (école,
bibliothèque, organisations parascolaires, cadre familial,
etc.) ? Comment sont-ils utilisés et par qui ? Que nous
apprennent les formes de ces objets sur leurs auteurs et leurs
destinataires ?
L’étude des objets culturels se situant à la croisée
de l’histoire politique, sociale, culturelle, de l’histoire des
arts, des sciences et de l’éducation mais aussi de
l’anthropologie, ce projet a vocation à réunir des
spécialistes de différentes disciplines dans l’optique
d’un travail à la fois pluridisciplinaire et interdisciplinaire.
Nous porterons une attention particulière à l’histoire
transnationale et aux circulations des personnes, objets et concepts, afin
de comprendre la situation russe et soviétique dans ses connexions
avec d’autres formes de régime et d’autres mouvements
historiques comme par exemple l’avènement des sociétés
de loisirs et de consommation. Enfin, ce projet vise à interroger de
façon nuancée les ruptures et continuités traditionnellement
élaborées par l’historiographie entre le passé
impérial et le régime soviétique d’une part et,
d’autre part, entre les années 1920 et le début de la
période stalinienne, comme en témoigne le choix de ses bornes
chronologiques.









At the beginning of the XXth century, the child became an important subject for scientific study and the question of his/her education became central for public organizations in both Europe and the United States. Russia was no exception to this movement. After they came to power, the Bolsheviks set out to take charge of an ever larger and diverse child population including delinquent and abandoned children, as well as non-Russian children living in Russia and the Republics, and children of peasants. The Bolsheviks aimed to create a specific Soviet culture for children. This ambition was expressed in the discourse on children's literature. In addition to literary and textual culture, this project also pertained to musical, visual and material (e.g. toys) cultures, which are now less well-known fields.



Our project aims to focus on the study of these cultural objects and to analyze them in their conditions of creation, diffusion, reception and appropriation. We want to understand these objects, created by adults for children, in their practical and reflexive aspects. More broadly, we consider the child as a reader, spectator, listener, but also as an actor that was both a user and a creator of these objects. In this way, we want to analyze how children engaged with the cultural products made available to them and the creations of the children themselves. In turn, we will analyze how adults viewed these objects and choices.



We will define and compare the political, educational and artistic projects, the forms of objects, their modes of mediation, pedagogical methods and practices.



We will thus identify the specificities of a Soviet child's culture, as well as the implicit or theorized representations of the child that a society shapes with regard to age, class, gender, ethnic origins. Finally, we will examine the functions of these objects and the ways in which they carry out their ideological work and shape their recipients on the cognitive and educational levels.



This collective project will tackle several questions: How did different actors and professions interact to create these objects? What were the main debates on their conception and how did these theoretical considerations fit with the creation of these objects? What was the place of cultural transfers in shaping these objects? In what places and contexts were these objects disseminated (school, library, youth organizations, family environment, etc.)? How were they used and by whom? What do the forms of these objects tell us about their authors and their recipients?



The study of cultural objects is at the crossroads of political, social, cultural, art, science and education histories but also of anthropology. This project seeks to bring together specialists from different disciplines and encourage a multidisciplinary and interdisciplinary approach. We will also pay particular attention to the trans-national history and the circulation of people, objects and concepts. This context brings insights to the Russian and Soviet situation in its connection with other regimes and historical changes, such as the advent of leisure and consumer societies. Finally, this project will examine, in a nuanced way, the ruptures and continuities traditionally elaborated by historiography between the Imperial past and the Soviet regime on the one hand, and the 1920s and the beginning of Stalinism on the other, as shown by the choice of its chronological boundaries.

La culture enfantine en URSS, 1917-1941 : objets, lieux et pratiques - Lieux, objets et méthodes d'apprentissage

Kirill MASLINSKII

1h58min19

Au début du xxe siècle, l’enfant devient un
important sujet d’étude scientifique et la question de son
éducation devient centrale pour les organismes publics aussi bien en
Europe qu’aux États-Unis. La Russie ne fait pas exception à
ce mouvement. Et dès leur arrivée au pouvoir, les Bolcheviks se
donnent pour mission de prendre en charge une population enfantine toujours
plus large et diversifiée : des enfants délinquants et
abandonnés qui constituent l’un des grands problèmes de
l’État-providence dans les années 1920 aux enfants de
paysans à éduquer dans les campagnes difficilement accessibles et
qui arrivent en masse dans les zones urbaines à la suite de la
collectivisation, en passant par les enfants non-Russes vivant dans en
Russie et dans les Républiques. Les Bolcheviks ambitionnent de
créer une culture spécifiquement soviétique à
destination des enfants. Cette volonté s’exprime notamment dans
l’abondant discours qui se développe autour de la
littérature enfantine. Mais, outre la culture littéraire et
textuelle, sont aussi concernées les cultures musicale,
matérielle (avec les jouets notamment), visuelle (illustration,
affiches, imagerie murale fixe et mobile) et spectaculaire (cinéma,
théâtre d’ombres et de marionnettes).
Notre projet entend se concentrer sur l’étude de ces objets
culturels et les analyser dans leurs conditions de création, de
diffusion, de réception et d’appropriation. Il s’agit de
comprendre ces objets créés par les adultes pour les enfants,
dans leurs dimensions pratiques et réflexives. Plus largement, nous
considérons l’enfant comme un lecteur, spectateur, auditeur et
aussi comme un acteur qui non seulement s’approprie les objets mis
à sa portée mais crée aussi ses propres objets. Nous
souhaitons ainsi analyser la façon dont les enfants
s’approprient les biens culturels mis à leur disposition, les
créations des enfants eux-mêmes et la façon dont les
adultes, à leur tour, considèrent ces appropriations et ces
créations.

Nous définirons et confronterons ainsi les projets (politique,
éducatif et artistique), les formes des objets, leurs modes de
médiation, les méthodes et les pratiques pédagogiques.



Nous serons amenés à préciser les spécificités
d’une culture enfantine soviétique, ainsi que les
représentations, implicites ou théorisées, de l’enfant
que se forge une société en termes d’âges, de
catégories sociales, de genre, d’origines ethniques. Enfin, nous
interrogerons les fonctions de ces objets et les manières dont ils
accomplissent leur travail idéologique et façonnent leur
destinataire sur les plans cognitif et éducatif.

La réflexion collective se développera autour de plusieurs
questions, parmi lesquelles : Comment interviennent différents
acteurs et différentes professions dans l’élaboration de
ces objets ? Quels sont les principaux débats autour de leur
conception et comment ces réflexions s’articulent-elles avec la
création de ces objets ? Quelle est la part des transferts
culturels dans la forme même de ces objets ? Dans quels lieux et
quels contextes ces objets sont-ils diffusés (école,
bibliothèque, organisations parascolaires, cadre familial,
etc.) ? Comment sont-ils utilisés et par qui ? Que nous
apprennent les formes de ces objets sur leurs auteurs et leurs
destinataires ?
L’étude des objets culturels se situant à la croisée
de l’histoire politique, sociale, culturelle, de l’histoire des
arts, des sciences et de l’éducation mais aussi de
l’anthropologie, ce projet a vocation à réunir des
spécialistes de différentes disciplines dans l’optique
d’un travail à la fois pluridisciplinaire et interdisciplinaire.
Nous porterons une attention particulière à l’histoire
transnationale et aux circulations des personnes, objets et concepts, afin
de comprendre la situation russe et soviétique dans ses connexions
avec d’autres formes de régime et d’autres mouvements
historiques comme par exemple l’avènement des sociétés
de loisirs et de consommation. Enfin, ce projet vise à interroger de
façon nuancée les ruptures et continuités traditionnellement
élaborées par l’historiographie entre le passé
impérial et le régime soviétique d’une part et,
d’autre part, entre les années 1920 et le début de la
période stalinienne, comme en témoigne le choix de ses bornes
chronologiques.









At the beginning of the XXth century, the child became an important subject for scientific study and the question of his/her education became central for public organizations in both Europe and the United States. Russia was no exception to this movement. After they came to power, the Bolsheviks set out to take charge of an ever larger and diverse child population including delinquent and abandoned children, as well as non-Russian children living in Russia and the Republics, and children of peasants. The Bolsheviks aimed to create a specific Soviet culture for children. This ambition was expressed in the discourse on children's literature. In addition to literary and textual culture, this project also pertained to musical, visual and material (e.g. toys) cultures, which are now less well-known fields.



Our project aims to focus on the study of these cultural objects and to analyze them in their conditions of creation, diffusion, reception and appropriation. We want to understand these objects, created by adults for children, in their practical and reflexive aspects. More broadly, we consider the child as a reader, spectator, listener, but also as an actor that was both a user and a creator of these objects. In this way, we want to analyze how children engaged with the cultural products made available to them and the creations of the children themselves. In turn, we will analyze how adults viewed these objects and choices.



We will define and compare the political, educational and artistic projects, the forms of objects, their modes of mediation, pedagogical methods and practices.



We will thus identify the specificities of a Soviet child's culture, as well as the implicit or theorized representations of the child that a society shapes with regard to age, class, gender, ethnic origins. Finally, we will examine the functions of these objects and the ways in which they carry out their ideological work and shape their recipients on the cognitive and educational levels.



This collective project will tackle several questions: How did different actors and professions interact to create these objects? What were the main debates on their conception and how did these theoretical considerations fit with the creation of these objects? What was the place of cultural transfers in shaping these objects? In what places and contexts were these objects disseminated (school, library, youth organizations, family environment, etc.)? How were they used and by whom? What do the forms of these objects tell us about their authors and their recipients?



The study of cultural objects is at the crossroads of political, social, cultural, art, science and education histories but also of anthropology. This project seeks to bring together specialists from different disciplines and encourage a multidisciplinary and interdisciplinary approach. We will also pay particular attention to the trans-national history and the circulation of people, objects and concepts. This context brings insights to the Russian and Soviet situation in its connection with other regimes and historical changes, such as the advent of leisure and consumer societies. Finally, this project will examine, in a nuanced way, the ruptures and continuities traditionally elaborated by historiography between the Imperial past and the Soviet regime on the one hand, and the 1920s and the beginning of Stalinism on the other, as shown by the choice of its chronological boundaries.

La culture enfantine en URSS, 1917-1941 : objets, lieux et pratiques - Ouverture du colloque

Cécile PICHON-BONIN

04min44

Au début du xxe siècle, l’enfant devient un
important sujet d’étude scientifique et la question de son
éducation devient centrale pour les organismes publics aussi bien en
Europe qu’aux États-Unis. La Russie ne fait pas exception à
ce mouvement. Et dès leur arrivée au pouvoir, les Bolcheviks se
donnent pour mission de prendre en charge une population enfantine toujours
plus large et diversifiée : des enfants délinquants et
abandonnés qui constituent l’un des grands problèmes de
l’État-providence dans les années 1920 aux enfants de
paysans à éduquer dans les campagnes difficilement accessibles et
qui arrivent en masse dans les zones urbaines à la suite de la
collectivisation, en passant par les enfants non-Russes vivant dans en
Russie et dans les Républiques. Les Bolcheviks ambitionnent de
créer une culture spécifiquement soviétique à
destination des enfants. Cette volonté s’exprime notamment dans
l’abondant discours qui se développe autour de la
littérature enfantine. Mais, outre la culture littéraire et
textuelle, sont aussi concernées les cultures musicale,
matérielle (avec les jouets notamment), visuelle (illustration,
affiches, imagerie murale fixe et mobile) et spectaculaire (cinéma,
théâtre d’ombres et de marionnettes).
Notre projet entend se concentrer sur l’étude de ces objets
culturels et les analyser dans leurs conditions de création, de
diffusion, de réception et d’appropriation. Il s’agit de
comprendre ces objets créés par les adultes pour les enfants,
dans leurs dimensions pratiques et réflexives. Plus largement, nous
considérons l’enfant comme un lecteur, spectateur, auditeur et
aussi comme un acteur qui non seulement s’approprie les objets mis
à sa portée mais crée aussi ses propres objets. Nous
souhaitons ainsi analyser la façon dont les enfants
s’approprient les biens culturels mis à leur disposition, les
créations des enfants eux-mêmes et la façon dont les
adultes, à leur tour, considèrent ces appropriations et ces
créations.

Nous définirons et confronterons ainsi les projets (politique,
éducatif et artistique), les formes des objets, leurs modes de
médiation, les méthodes et les pratiques pédagogiques.



Nous serons amenés à préciser les spécificités
d’une culture enfantine soviétique, ainsi que les
représentations, implicites ou théorisées, de l’enfant
que se forge une société en termes d’âges, de
catégories sociales, de genre, d’origines ethniques. Enfin, nous
interrogerons les fonctions de ces objets et les manières dont ils
accomplissent leur travail idéologique et façonnent leur
destinataire sur les plans cognitif et éducatif.

La réflexion collective se développera autour de plusieurs
questions, parmi lesquelles : Comment interviennent différents
acteurs et différentes professions dans l’élaboration de
ces objets ? Quels sont les principaux débats autour de leur
conception et comment ces réflexions s’articulent-elles avec la
création de ces objets ? Quelle est la part des transferts
culturels dans la forme même de ces objets ? Dans quels lieux et
quels contextes ces objets sont-ils diffusés (école,
bibliothèque, organisations parascolaires, cadre familial,
etc.) ? Comment sont-ils utilisés et par qui ? Que nous
apprennent les formes de ces objets sur leurs auteurs et leurs
destinataires ?
L’étude des objets culturels se situant à la croisée
de l’histoire politique, sociale, culturelle, de l’histoire des
arts, des sciences et de l’éducation mais aussi de
l’anthropologie, ce projet a vocation à réunir des
spécialistes de différentes disciplines dans l’optique
d’un travail à la fois pluridisciplinaire et interdisciplinaire.
Nous porterons une attention particulière à l’histoire
transnationale et aux circulations des personnes, objets et concepts, afin
de comprendre la situation russe et soviétique dans ses connexions
avec d’autres formes de régime et d’autres mouvements
historiques comme par exemple l’avènement des sociétés
de loisirs et de consommation. Enfin, ce projet vise à interroger de
façon nuancée les ruptures et continuités traditionnellement
élaborées par l’historiographie entre le passé
impérial et le régime soviétique d’une part et,
d’autre part, entre les années 1920 et le début de la
période stalinienne, comme en témoigne le choix de ses bornes
chronologiques.









At the beginning of the XXth century, the child became an important subject for scientific study and the question of his/her education became central for public organizations in both Europe and the United States. Russia was no exception to this movement. After they came to power, the Bolsheviks set out to take charge of an ever larger and diverse child population including delinquent and abandoned children, as well as non-Russian children living in Russia and the Republics, and children of peasants. The Bolsheviks aimed to create a specific Soviet culture for children. This ambition was expressed in the discourse on children's literature. In addition to literary and textual culture, this project also pertained to musical, visual and material (e.g. toys) cultures, which are now less well-known fields.



Our project aims to focus on the study of these cultural objects and to analyze them in their conditions of creation, diffusion, reception and appropriation. We want to understand these objects, created by adults for children, in their practical and reflexive aspects. More broadly, we consider the child as a reader, spectator, listener, but also as an actor that was both a user and a creator of these objects. In this way, we want to analyze how children engaged with the cultural products made available to them and the creations of the children themselves. In turn, we will analyze how adults viewed these objects and choices.



We will define and compare the political, educational and artistic projects, the forms of objects, their modes of mediation, pedagogical methods and practices.



We will thus identify the specificities of a Soviet child's culture, as well as the implicit or theorized representations of the child that a society shapes with regard to age, class, gender, ethnic origins. Finally, we will examine the functions of these objects and the ways in which they carry out their ideological work and shape their recipients on the cognitive and educational levels.



This collective project will tackle several questions: How did different actors and professions interact to create these objects? What were the main debates on their conception and how did these theoretical considerations fit with the creation of these objects? What was the place of cultural transfers in shaping these objects? In what places and contexts were these objects disseminated (school, library, youth organizations, family environment, etc.)? How were they used and by whom? What do the forms of these objects tell us about their authors and their recipients?



The study of cultural objects is at the crossroads of political, social, cultural, art, science and education histories but also of anthropology. This project seeks to bring together specialists from different disciplines and encourage a multidisciplinary and interdisciplinary approach. We will also pay particular attention to the trans-national history and the circulation of people, objects and concepts. This context brings insights to the Russian and Soviet situation in its connection with other regimes and historical changes, such as the advent of leisure and consumer societies. Finally, this project will examine, in a nuanced way, the ruptures and continuities traditionally elaborated by historiography between the Imperial past and the Soviet regime on the one hand, and the 1920s and the beginning of Stalinism on the other, as shown by the choice of its chronological boundaries.